FIRMIN-GIRARD intimiste

 

Représentant la vie dans les campagnes qu’il affectionne, Firmin-Girard pénètre dans les intérieurs et ajoute à son approche naturaliste une touche intimiste pour traiter de scènes domestiques dans lesquelles la figure féminine tient la première place. Recourant à une palette qui s’est assombrie, il peint des scènes familiales dans lesquelles les femmes s’affairent aux activités de la maison, leurs enfants jouant à proximité et la présence d’animaux, en particulier de chats, donnant un caractère familier aux lieux.  Le jour qui transparaît par les ouvertures crée une atmosphère de clair-obscur que l’on retrouve dans les scènes d’intérieur des peintres contemporains de Firmin-Girard, notamment Léon Delachaux, Léon-Augustin Lhermitte ou Emile Friant.

le repas de midi

Le repas de midi

Le repas de midi, exposé au Salon de la Société des Beaux-Arts de 1907 est un précieux témoignage  de l’aménagement d’une maison rurale, en particulier de la pièce à vivre, avec ses matériaux, son mobilier et ses objets rustiques. La mère de famille qui a dressé la table s’apprête à servir le plat qu’elle a confectionné.

Intérieur

Intérieur charolais

 Intérieur charolais évoque la suite. Le repas est terminé, la jeune femme fait la vaisselle dans un baquet en bois, rempli de l’eau qu’elle a puisée à l’extérieur.

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L’âtre

Dans l’Atre, daté de 1913, le sujet principal est fourni par l’immense cheminée, lieu de rassemblement où la famille vient se réchauffer et qui sert aussi pour la cuisson de la nourriture.

Femme âgée près de la fenêtre représente une femme qui s’est rapprochée de la fenêtre grande ouverte pour profiter de la lumière et s’adonner à son tricot. la simplicité de la pièce est égayée par un bouquet de fleurs et une rangée de plantes en pot sur le rebord de la fenêtre.

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Femme âgée près de la fenêtre

Dans d’autres tableaux Firmin-Girard décrit un évènement particulier, comme c’est le cas pour la lettre du Nouvel An. La famille est rassemblée pour écouter la lecture d’une lettre de vœux envoyée par des proches. Les regards sont tournés vers la jeune lectrice qui capte l’attention de ses parents et grands-parents qui l’entourent. Comme dans l’un de ses derniers tableaux représentant la forge de Jean Perrat et dans lequel quelques anciens du village se sont réunis autour du forgeron pour écouter la lecture du journal, Firmin-Girard met en relief la question de l’instruction encore faiblement répandue dans les campagnes, mais depuis peu devenue obligatoire pour les enfants.

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La lettre du Nouvel An

Dans ces scènes intimistes Firmin-Girard livre une vision de la femme différente de celle qu’il a représentée quelques vingt à trente ans auparavant. Ce ne sont plus les bourgeoises parisiennes dans leurs tenues à la mode se promenant sur les quais de Paris, cueillant des fleurs dans des jardins ou visitant la campagne. Il dépeint, avec sa sensibilité, une autre réalité, celle du  visage de la France rurale dans laquelle la figure féminine tient un rôle central dans la tenue de la maison habitée par plusieurs générations. Dans ces intérieurs empreints de simplicité tout autant que de quiétude, la vie semble rythmée par les saisons et les travaux des champs que Firmin-Girard nous donne à voir, par ailleurs, dans de nombreuses toiles.

Ces intérieurs peints avec un grand souci du détail et de la véracité des scènes et des personnages sont une parfaite illustration de cette France rurale à la veille de grands bouleversements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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