les petits métiers par FIRMIN-GIRARD

Lorsqu’en 1890, il rejoint la Société Nationale des Beaux-Arts qui vient d’être relancée par Meissonier, Puvis de Chavannes, Braquemond et Rodin pour se démarquer du Salon de plus en plus dominé par la peinture « officielle » et dont il devient sociétaire, Firmin-Girard se rapproche des courants naturalistes et évolue vers des sujets empruntés aux régions dans lesquelles il séjourne régulièrement, la Picardie, Charlieu et ses environs, la Bresse de son enfance.

Clement Roy

Le menuisier Clément Roy

Durant cette période charnière entre la fin du XIXème siècle et les débuts du XXème, entre un monde qui se clôt et un autre qui s’ouvre à la modernité, Firmin-Girard va s’attacher à représenter la vie dans la campagne,  ses travaux à la ferme, ses métiers artisanaux comme s’il pressentait leur disparition. Après ses années de succès, il semble mettre à profit sa vocation et son talent pour témoigner des activités traditionnelles qu’il côtoie et de sa vision des régions qui lui sont chères et de leurs habitants. 

Rendant régulièrement visite au menuisier installé à Onival, Clément Roy, il le représente façonnant une pièce de bois, alors qu’il est interrompu par sa femme accompagnée de sa fille.

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La tisserande et sa fille

Le tissage qui se pratiquait à Charlieu depuis plusieurs siècles avait résisté à la mécanisation qui commençait à se développer dans l’industrie textile. les manufactures  de la région avaient maintenu les petits ateliers à domicile dans lesquels, la plupart du temps, des femmes s’activaient sur les métiers à tisser.

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Tisserand à son métier

Le tisserand construisait le bâti de son métier avec les pièces métalliques que lui fournissait son commanditaire. Firmin-Girard peint plusieurs tableaux dans lesquelles le tisserand s’affaire à son métier pour tisser une toile dont il a reçu commande.

La pêche à l’épervier qui se pratiquait dans le Sornin aux abords de Charlieu nécessitait un filet particulièrement fin. les tisseurs utilisaient de la lignette, sorte de ficelle très fine, pour fabriquer de tels filets. Dans son tableau les lignettes, Firmin-Girard représente un homme filant la lignette pour en faire un écheveau qui servira pour la confection des filets.

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Les lignettes

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Le potier de Vallauris

 

Dans un de ses derniers tableaux, il peint un potier à Vallauris, lors d’un séjour sur la Côte d’azur où il est venu passer l’hiver avec sa femme.

ces tableaux sont un précieux témoignage de ces métiers qui subsistaient malgré l’industrialisation naissante et la mécanisation qui se développait. Si les scènes qu’il peint procurent, par tous les détails que l’on peut apercevoir, une image fidèle de la réalité du travail de ces artisans, et de leur environnement, Firmin-Girard cherche aussi à rendre l’atmosphère qui règne dans ces ateliers, par la lumière qui filtre derrière les fenêtres, les tonalités chaudes des murs et du mobilier ou la quiétude des personnes qui transparaît.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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