Parcs et jardins par FIRMIN-GIRARD

Parcs et jardins par FIRMIN-GIRARD

Evoquant le goût prononcé de Firmin-Girard pour les fleurs, à l’occasion de son « Quai aux fleurs », vedette du Salon de 1876, Théodore Véron, écrivain et critique d’art s’exprimait ainsi: « Voici le moment opportun, la transition nécessaire pour parler de ce Desgoffe, et de ce Bouguereau des fleurs, de ce Meissonier des pétales, des feuilles et des nervures du joli règne végétal.

Dès le début des années 1870, Firmin-Girard a témoigné de son goût prononcé pour la nature et particulièrement les parcs et jardins qui ont pris une place de plus en plus importante dans son oeuvre. Peintre de plein air, il en multiplie la représentation, mais toujours avec la présence de jeunes femmes élégamment vêtues. Gaston Jollivet dans son recueil sur le Salon de 1993 s’en fait l’écho « Le talent de M. Firmin-Girard est un de ceux qui séduisent le plus les femmes, car il flatte souvent leur passion, de jour en jour, plus vive pour les fleurs, en même temps qu’il les transpose presque toujours dans un milieu élégant, par conséquent bien féminin ». Elles se promènent, parfois accompagnées d’enfants, se reposent seules ou entre amies ou lisent dans des fauteuils de jardin. Elles cueillent dans des parterres florissants, dahlias, pivoines ou roses Elles s’adonnent aussi parfois à des travaux d’aiguille. Firmin-Girard se plaît à retranscrire, de sa manière vive et soignée, tout à la fois l’éclat et la richesse de la nature dans des décors colorés et verdoyants mais aussi les étoffes et les drapés des tenues à la mode des jeunes femmes.

Firmin-Girard, le jardin de la marraine

Ces scènes de nature sont empruntés à des lieux familiers, notamment à Charlieu  dans les jardins des propriétés de sa belle-famille ou de celle de son ami Armand  Charnay. Ce sont aussi les parcs des domaines en bord de Seine au sud de Paris, pour lesquels il témoigne d’un grand attrait, lorsqu’il résida à Farcy-les-lys, où il s’est installé pour se rapprocher de ses amis implantés à Barbizon. Dans cette région, Firmin-Girard peint de nombreuses scènes, avec parfois en arrière-plan les rives du fleuve. Les parcs et les jardins fleuris des grands domaines sont, pour le peintre épris de nature, autant de sujets inépuisables. Il représente le parc du château de Farcy, propriété de la famille de Sansal, dans plusieurs toiles ( La châtelaine, Les enfants au bassin et Une mère et sa fille cueillant des fleurs). Le parc était connu pour la particularité et la richesse de ses rosiers, en particulier de certaines variétés comme la rose « Arthur de Sansal » ou la rose « Caroline de Sansal.

Firmin-Girard, Une mère et sa fille cueillant des fleurs

Firmin-Girard avait aussi l’habitude de se rendre au château Gaillard, aujourd’hui disparu, non loin de la maison qu’il occupait. Dans cet imposant domaine dont la terrasse offrait une vue sur les berges de la Seine, il peignit une série de toiles ayant pour cadre le vaste parc de la demeure et la Seine en contrebas. Promenade d’automne, Promenade dans le parc, La femme au parasol, sur le balcon à l’automne, Le remorqueur,  retracent à l’envi la beauté du lieu.

Firmin-Girard, Sur le balcon, à l’automne

La passion pour l’univers végétal que Firmin-Girard révèle, est commune à celle des peintres impressionnistes. Claude Monet, Gustave Caillebotte ou Auguste Renoir ont à de nombreuses reprises représenté  leur propre jardin.  Horticulteurs émérites et amoureux de la nature, ils ont sculpté avec soin leur jardin qu’ils ont représenté dans de nombreuses toiles.

Firmin-Girard, malgré son intérêt  pour la représentation des fleurs, ne semble pourtant pas avoir partagé la passion du jardinage. Il se rendit, pourtant, à plusieurs reprises chez l’horticulteur pour peindre les jeunes femmes venues choisir des  plantes. Comme dans un théâtre de verdure, elles se promènent dans les allées de ces grands jardins botaniques à la recherche de leurs fleurs ou de leurs arbustes préférés. Le choix des plantes ou Chez l’horticulteur, exposés au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, montrent de telles scènes.

Firmin-Girard, Chez l’horticulteur

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