FIRMIN-GIRARD, les années 1870 et 1880, années de maturité et de succès au Salon

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Le jardin de la marraine exposé au Salon de 1875

Après ses années de jeunesse au cours desquelles, Firmin-Girard a pu trouver sa place au sein du salon et parmi les peintres de son temps, vont succéder des années de maturité durant lesquelles il va s’affirmer et se recentrer sur ses thèmes favoris.

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La cueillette des fleurs sauvages

Après sa mobilisation en 1870 dans la garde nationale mobile pour combattre les armées prussiennes, il rejoint son ami Armand Charnay à Charlieu dans la Loire pour se remettre des épreuves de la guerre. C’est là qu’il rencontre celle qui deviendra sa femme Sabine Andriot. Commencent alors des années de bonheur familial, dont sa peinture sera fortement imprégnée. Revenu à Paris, il s’installe dans un atelier au 7 boulevard de Clichy et se consacre à des sujets illustrant des scènes de la vie de cette fin du 19ème siècle, représentant, en particulier, la bourgeoisie parisienne de la « Belle Epoque » avec ses tenues à la mode, sur les quais de Paris, dans des parcs ou à la campagne.

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Détail du Quai aux fleurs

Il poursuit aussi, au cours de ces années, son goût pour les costumes historiques, notamment, ceux de la période Louis XIII, mais toujours en traitant d’événements familiaux, baptême, première communion, fiançailles, mariage. Il est, également, attiré par l’exotisme qui se répand dans le monde artistique et qui lui vaut un grand succès pour ses japonaiseries.

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Au bord du Sichon 

La fin de ces années est marquée par sa découverte des falaises normandes qui le conduit à faire construire une grande villa avec un atelier dominant la mer à Onival et la location d’une maison à Farcy les lys pour se rapprocher de ses amis de Barbizon, tout en conservant son atelier parisien. Deux événements qui se retrouvent dans sa peinture avec ses premières toiles des bords de mer et son goût pour les jardins, notamment le parc du château de la famille de Sansal à Farcy les lys.

Au cours de cette période, il est présent tous les ans au Salon officiel, qui devient le Salon des artistes français à partir de 1881. Il prend part, également, aux Expositions universelles de Paris de 1876 et 1889. Si le public apprécie ses tableaux, la critique n’y est pas toujours aussi sensible. C’est, en effet, l’époque de la rupture avec les impressionnistes exposés au Salon des refusés et pour lesquels une partie de la critique, en particulier Zola, prend parti.

Les succès se manifestent aussi auprès de ses acheteurs, notamment, les collectionneurs américains par l’intermédiaire de son marchand new-yorkais Goupil puis Knoedler.

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Le retour de la messe

Parmi la quarantaine de tableaux exposés au Salon au cours de ces vingt années, certains connaissent un très grand succès. C’est notamment le cas de La toilette japonaise, 1873, acheté par un collectionneur américain, M.Belmont et conservé aujourd’hui au musée de Porto-Rico.

C’est aussi, bien sûr, le cas du Quai aux fleurs, 1876, qui avait fait l’objet d’une commande d’un américain par l’intermédiaire de son marchand et qui finalement a été acquis par un autre collectionneur, le premier étant décédé entre temps. Le commanditaire avait demandé au peintre de se mettre en scène. C’est ainsi qu’il s’est représenté avec sa femme, ses enfants et son chien au centre de la toile. Les critiques ont été partagées, certaines vantant le réalisme de la scène et la qualité des détails, d’autres contestant la qualité artistique du fait de la très grande précision apportée, en particulier, aux fleurs. C’est l’époque où la photographie se développe, devenant un art à part entière. Certains milieux contestent alors à la peinture sa vocation à reproduire fidèlement la réalité. Le public, quant à lui, se presse  pour admirer la toile. Les journaux mentionnent qu’il avait fallu organiser un service d’ordre pour le contenir.

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La nourriture des dindes

Les autres grands succès concernent, particulièrement, Les fiancés, 1874, Une noce au XVIIIème siècle représentant des personnages en costume d’époque, Une visite à la ferme, 1982, montrant des parisiennes rendant visite à des paysans, Un dimanche au Bas-Meudon, 1884, évoquant les guinguettes des bord de Seine, Le jardin de la marraine et Premières caresses traitant de scènes familiales.

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Les fiancés, 1874 © Sotheby’s, New-York

Il expose aussi des portraits dont celui de la Baronne de Rochetaillée, 1875, et celui de son fils enfant, Marc Girard, 1883 et des femmes dans des jardins, Une allée de roses, 1885, Sur la terrasse, 1888.

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Marc Girard, 1883

Ce sont aussi ses premières toiles traitant de scènes de campagne, Boeuf charolais au ferrage, 1886, sujets qui seront de plus en plus fréquents dans son oeuvre après 1890.

Ces vingt années lui apportent le succès, mais un succès en demi-teinte dans cette fin du 19ème siècle qui voit le monde de l’art se fracturer entre les tenants du Salon officiel, à l’opposé ceux du Salon des refusés et entre les deux ceux qui avaient de plus en plus de mal à se retrouver dans le Salon officiel. Les récompenses attribuées lors de l’Exposition universelle de 1889 révèlent cette fracture et de la scission emmenée par Meisonnier et Puvis de Chavannes, la Société Nationale des Beaux-Arts voit le jour et crée son propre salon en 1890. Firmin-Girard rejoint ce mouvement, en devient  sociétaire, quitte le Salon officiel et participe, dès sa création au Salon des Beaux-Arts, installé au Champ de mars.

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