FIRMIN-GIRARD et les expositions universelles de Paris

C’est lors de l’Exposition Universelle de 1855 à Paris qu’une place est pour la première fois, assignée aux Beaux-Arts, qui n’étaient pas présents dans la première Exposition de Londres. La France, « Mère des Arts et du Goût » , décide de réserver aux Beaux -Arts une place significative et leur affecte un bâtiment pour abriter plus de 5000 œuvres venant de divers pays dont un peu moins de 3000 représentant la France.

« Si l’INDUSTRIE, dont nous admirons les prodiges au Champ-de-Mars, est une des plus utiles applications de l’intelligence et de l’activité humaines, les BEAUX-ARTS en sont comme l’épanouissement suprême et la fleur merveilleuse. Elle serait donc bien incomplète la fête du travail dans laquelle on ne lui aurait point réservé sa place […]. Les organisateurs[…]ont fait aux BEAUX-ARTS la place qu’ils méritent: ceci veut dire une très large place. »

C’est ainsi que s’exprime Louis Enault à propos de l’Exposition Universelle de 1878 à laquelle Firmin-Girard est présent pour la première fois. Pour cette exposition qui se tient au mois d’octobre, on a construit un immense bâtiment « le palais de fer » qui occupe presque tout le Champ-de-Mars. Au centre, un large espace est consacré aux Beaux-Arts.

Firmin-Girard expose trois toiles dans la salle II, une des salles « incontestablement les plus intéressantes » selon Louis Enault, La marchande de fleurs, Les feuilles mortes et Montreur d’ours à Aurillac. Les feuilles mortes est, en fait, un autre nom donné à son tableau Les fiancés qui lui a valu un grand succès au Salon de 1874. Ses oeuvres voisinent avec celles de  Gérôme, de Boulanger, de Français, de Berne-Bellecour, de Vibert, de Perrault, de Landelle,  de Corot, d’Harpignies et de Courbet.

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Les fiancés intitulé Les feuilles mortes lors de l’Exposition Universelle

Le tableau de M. Firmin Girard intitulé « Les Feuilles mortes » restera parmi ses meilleures œuvres. L’exécution matérielle est toujours puissante, sans être, cependant, poussée à l’extrême comme dans certains tableaux de lui,  le  Marché aux fleurs, par exemple, et le couple amoureux et heureux qui passe dans ce joli paysage lui donne plein de charme.

Les BEAUX-ARTS à l’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 par Louis Enault, p.75

L’Exposition Universelle suivante de 1889 a vocation à célébrer la Révolution française de 1789. Elle dure six mois de mai à octobre. La tour Eiffel construite pour l’exposition en constitue l’élément majeur. Les œuvres de peinture et de sculpture rassemblées dans le Palais des Beaux-Arts sont réparties entre l’exposition centennale des chefs-d’oeuvre de l’art français de 1789 à 1878, l’exposition décennale des artistes contemporains et l’exposition internationale.

Le Commissaire de ces expositions a imaginé que, pour l’exposition décennale, chaque artiste disposera d’un panneau pour présenter ses œuvres, donnant ainsi l’impression d’une suite d’expositions particulières.

Firmin-Girard expose sept tableaux, numérotés de 670 à 676 et datant de 1884 à 1889 , Le dimanche au Bas-Meudon, Bœuf charolais au ferrage, Le cantonnier, Première communion, Sur la terrasse, Grande-marée à Onival sur mer (Somme), Flambage d’un porc dans le Charolais.

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Le dimanche au Bas-Meudon

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Bœuf charolais au ferrage

 

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Sur la terrasse

Lors de l’Exposition Universelle, il est récompensé de la Médaille de bronze.

Celle de 1900, cinquième exposition à Paris, a pour thème le bilan du siècle qui s’achève. Elle donne lieu à la construction du Petit et du Grand Palais mais aussi de nouvelles infrastructures dans Paris, les gares de Lyon, d’Orsay et des Invalides, le pont Alexandre III et surtout de la première ligne du métro parisien. Au sein de l’Exposition, le trottoir roulant, le palais de l’électricité et les films des frères Lumière sont le prélude à la modernité qui s’annonce.

Le Palais des Beaux-Arts réunit des toiles académiques et impressionnistes. Degas, Pissarro, Monet, Manet, Renoir, Berthe Morisot sont exposés. Firmin-Girard présente deux tableaux, Le Quai aux fleurs et L’Hotel de ville et Berger d’Onival, pour lesquels il reçoit de nouveau une médaille de bronze. Lors de l’inauguration par le Président Loubet, Jean-Léon Gêrome, chef de file des néo-grecs lui barre l’entrée de la salle des impressionnistes en lançant à leur encontre  » c’est le déshonneur de la France « .

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Le Quai aux fleurs et l’Hotel de ville

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