FIRMIN-GIRARD observateur fidèle de la mode

Quand il n’habille pas ses personnages en costume d’époque, Firmin-Girard suit de près la mode. Les tenues, notamment celles portées par les femmes, dans ses tableaux sont des éléments essentiels de leur composition mais aussi de précieux témoignages de l’évolution de la société à la fin du XIXème siècle et au début du XXème. C’est l’époque où la mode féminine,  renoue avec un rôle qui s’était quelque peu soit estompé depuis la fin du XVIIIème siècle et redevient un élément essentiel des arts décoratifs. Durant le second Empire, elle réinvestit, en effet, son profil traditionnel, à l’image de l’impératrice qui, en excursion dans les Alpes, porte une ample jupe à volants s’évasant en de multiples plis. Les teintes sont la plupart du temps pastel tandis qu’apparaissent progressivement de nouvelles tonalités tirant sur le violet, que l’on observera quelques années plus tard dans les tableaux de Firmin-Girard, par exemple dans la robe de la marraine du jardin de la marraine.

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Extrait de Pique-nique en forêt de Fontainebleau, 1862

Durant cette période du second-Empire, Firmin-Girard, encore étudiant et se préparant au concours de Rome, peint surtout des scènes académiques ou historiques. Seuls quelques tableaux des années 1860 montrent des personnages en costume de l’époque comme lors de ce pique-nique en forêt de Fontainebleau où l’on aperçoit les femmes avec leur robe à crinoline rose et bleu pâle.

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Lassitude, 1869

C’est surtout après 1870, que Firmin-Girard sera un fidèle observateur de la mode féminine comme plusieurs de ses contemporains en particulier Alfred Stevens, James Tissot ou Auguste Toulmouche. A la fin du second Empire les robes sont moins évasées,  les silhouettes deviennent plus élancées et retrouvent une certaine aisance que le début du XXème siècle amplifiera.

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Visite à la ferme, 1882

Mais ce qui marque surtout cette période, c’est l’apparition de la « robe à tournure » avec l’ajout d’une pièce de tissu à la chute des reins, pour accentuer l’élancement. C’est aussi le développement de ce que l’on a appelé « le style tapissier », les garnitures des robes reprenant des détails d’ameublement. Les drapés, les franges, les plissés ou encore les glands ajoutent une touche supplémentaire au décor créé par le vêtement comme on peut le voir dans la tenue de ces femmes donnant à manger aux dindons.

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Extrait du Quai aux fleurs, 1876

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La cueillette des fleurs sauvages

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Madame Girard dans son jardin

La « robe à tournure » est représentée par Firmin-Girard dans ses différentes variations selon la position et l’ampleur de la pièce rapportée ou de la traîne, en fonction des circonstances et des événements de la journée, la traîne, par exemple, prenant plus d’importance pour les tenues de bal.

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Coquetterie

Le développement des grands magasins depuis la création du Bon Marché en 1854 diffuse les nouveautés et permet à la mode de se répandre rapidement parmi l’aristocratie et la bourgeoisie qui découvrent, avec bonheur, le plaisir de flâner parmi les rayons. Emile Zola dans « le bonheur des dames » est frappé par la profusion des articles. Les calicots, les guipures, les tulles, les foulards, les chapeaux semblent le fasciner. Firmin-Girard paraît aussi avoir observé dans le détail les étoffes, les dentelles et toutes ces ornementations que l’on trouve dans les grands magasins.

A la fin du XIXème siècle, la tendance est à la simplification. La jupe à plis verticaux s’impose petit à petit et les riches ornementations sont réduites. Firmin-Girard est attentif à ces évolutions. Il compose ses tableaux en veillant à ce que la position qu’il fait prendre aux femmes mette en valeur leur silhouette longiligne que la verticalité du vêtement et la chevelure remontée en chignon sous un chapeau contribuent à façonner.

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Guettant l’invité

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Madame Girard en forêt de Fontainebleau

Que ce soit dans les scènes de genre, les représentations de la société parisienne ou d’événements familiaux,  les femmes sont très présentes dans les tableaux de Firmin-Girard. Témoin de son époque, il a su capter et représenter les signes de ses transformations dont, notamment l’évolution de la mode féminine .

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