FIRMIN-GIRARD, à l’heure japonaise

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Japonaises nourrissant des canards

Le critique d’art de Cherville, dans l’Illustration du 30 août 1873 qui avait fait paraître une reproduction de La toilette japonaise de Firmin Girard rapportait:

« Nous avons désormais une nouvelle école, l’école japonaise et nous sommes heureux de reproduire pour nos lecteurs, le tableau de l’un de ses représentants les plus distingués ».

Après la découverte des traditions, de la culture et des estampes japonaises présentées pour la première fois en Europe lors des expositions universelles de Londres puis de Paris en 1867, des écrivains, des peintres, mais aussi des musiciens, fascinés par tant d’exotisme, ont développé ce que l’on a appelé le japonisme.

Firmin Girard, qui a pu acquérir des objets traditionnels et des costumes japonais, est l’un de ces peintres. En 1872, il peint La femme à l’ombrelle,  durant cette même année où les premières toiles de ce mouvement sont exposés au Salon. On peut, en effet, en voir quatre parmi l’ensemble des peintures présentes, montrant des scènes japonaises, Le bazar japonais d’Edouard Castres, Un perroquet de Charles-Auguste Escudier, Le bac japonais de Paul-Marie Lenoir et La Mousouné d’un dai-myo d’Adrien Marie. Quelques années auparavant, James-Jacques-Joseph Tissot avait déjà présenté ses japonaiseries, se limitant, toutefois, à mettre en scène des objets et des décors japonais. Ce mouvement, fort du succès qu’il rencontre auprès du public, va se poursuivre durant quelques années avec de célèbres artistes, dont, en particulier, Van Gogh et Monet qui peint en 1886 sa » japonaise à l’ombrelle ».

En 1873, Firmin Girard réalise deux toiles présentant des scènes japonaises, Les japonaises au ruisseau et La toilette japonaise qui, exposée au salon de cette même année, suscite l’enthousiasme  du public et de la critique. Charles Garnier, l’architecte de l’opéra, se dit charmé par la grâce du sujet, l’élégance des tons, la parfaite exécution et  la richesse du décor. Castagnary considère la peinture de Firmin Girard comme l’une des œuvres les plus réussies du salon.

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Japonaises au ruisseau

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La toilette japonaise

La toilette japonaise est, sans doute, l’une de ses œuvres les plus connues et les plus reproduites. Après son acquisition par le collectionneur new-yorkais, Auguste Belmont, qui l’a présentée en 1876, dans le cadre de l’exposition de sa collection privée dans sa résidence de la 5ème avenue, elle est, aujourd’hui, conservée au musée d’art de Porto-Rico. On a, toutefois, pu la voir en 1983 à New-York et en 1988 à Paris et à Tokyo, lors de l’exposition sur le japonisme et plus récemment dans le film de Bertrand Bonello l’Apollonide.

Ces scènes japonaises ont, en effet séduit les collectionneurs américains. La japonaise à l’ombrelle a longtemps fait partie de la collection de William Waldorf Astor, homme politique new-yorkais, avant sa dispersion en 1926.

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La japonaise à l’ombrelle

Une quatrième toile de Firmin Girard datant également de 1873 a été acquise par un autre collectionneur américain Henry Gibson de Philadelphie. Représentant « deux japonaises nourrissant des canards », elle est restée longtemps inconnue, la plupart des recherches sur l’œuvre de Firmin Girard ne mentionnant que trois tableaux relevant de ce mouvement du japonisme.

Après ces deux années 1872 et 1873, Firmin Girard abandonne sa parenthèse japonaise. Elle lui a, pourtant, apporté le succès attendu. Il n’abandonne, cependant, pas les scènes en costume, puisqu’il réalisera de nombreuses peintures à caractère historique avec des personnages en costume louis XIII ou du 18 ème siècle comme, par exemple, ses fiancés.

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