FIRMIN-GIRARD et la photographie

Firmin-Girard, contemporain de la photographie, dont on date son invention en janvier 1839, lors de la présentation du daguerréotype à l’Académie des sciences, soit quelques mois après sa naissance a noué une relation complexe avec celle-ci.  Tour à tour concurrente de sa peinture, modèle d’une toile, elle lui sert aussi à diffuser ses œuvres par des reproductions photographiques, notamment par la maison Goupil.

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Quai aux fleurs, version de 1905

 

L’extrême minutie et le souci du détail et de la reproduction fidèle recherchés par Firmin-Girard dans certaines de ses œuvres, par exemple ses tableaux du Quai aux fleurs peuvent être considérés comme un combat contre le vecteur de la photographie qui commençait à s’imposer comme mode de représentation. Combat perdu d’avance, certains critiques ayant été jusqu’à comparer le peintre à un appareil photographique.

C’est notamment le cas d’Edouard Ruel, connu pour ses positions contre le réalisme qu’il exprima dans un mot d’esprit  » ce qui ne vaut pas la peine d’être dit, on le chante; et ce qui ne vaut pas la peine d’être regardé, on le peint », qui écrit à propos du Quai aux fleurs exposé au Salon de 1876 :

« L’autre jour, un visiteur une loupe à la main, affirmait qu’il pouvait lire sur le journal de ce cocher…En somme M.Girard se borne à copier minutieusement la nature….M.Girard est de l’école des appareils photographiques. On devrait en avertir sur le livret ».

Firmin-Girard sut aussi utiliser la photographie pour ses tableaux. On connaît quelques exemples de photographies ayant servi de modèle, comme cette photographie de Madame Girard taillant un rosier dans sa maison de Farcy-Les-Lys.

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On retrouve dans le tableau le fond boisé, la grille et son rosier et une position de la femme reprenant la posture de celle de la photo. Mais Firmin-Girard a changé de personnage représentant dans son tableau Adèle Pacaut, la femme de son fidèle ami Armand Charnay qu’il voyait régulièrement à cette époque quand celui-ci résidait à Marlotte. Un autre tableau peut aussi être mis en relation avec la photographie. La situation est certes différente, vraisemblablement à l’autre bout de la grille, mais on reconnaît Madame Girard qui porte la même tenue que sur la photographie.

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Madame Girard dans son jardin

 

De nombreuses photographies représentent aussi le peintre à son travail, comme cette vue alors qu’il peignait Une allée de roses

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La photographie fut aussi pour Firmin-Girard un moyen pour se faire connaître et diffuser ses œuvres. Nombre de ses toiles ont été photographiées par la maison Goupil, notamment dans les années 1870 et lui ont permis par l’intermédiaire de la galerie basée à New-York de pénétrer le marché des collectionneurs américains. Il semble que la commande du Quai aux fleurs soit venue de cette façon, alors que de grandes reproductions, par exemple, de son tableau Les fiancés étaient exposés dans la galerie de la cinquième avenue.

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Les fiancés

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