ZOLA et FIRMIN-GIRARD

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Pique-nique en forêt de Fontaibleau © Dobiaschofsky

C’est à Marlotte que Zola rencontre Firmin-Girard chez Jules Lecoeur qui fréquente l’atelier Gleyre comme Renoir, Monet, Sisley et Bazille.

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Détail de Pique-nique en forêt de Fontainebleau

Les artistes ont aussi leurs habitudes à Paris au café Guerbois où Zola se rend assez régulièrement. Mais au printemps ou durant l’été, la bande d’artistes se transporte à Marlotte dans la maison de Jules Lecoeur et de son frère architecte réputé. C’est là que Renoir rencontre Lise Trehot, belle-soeur de Jules Lecoeur, avec qui il aura une liaison. Le soir ils se retrouvent au café de la mère Anthony où certains d’entre eux logent. Renoir en fait une peinture montrant Sisley lisant « l’Evènement » le journal de Zola.

A cette époque, Zola appartient, en littérature, au courant naturaliste qu’il transpose à la peinture. Il défend les « actualistes », ces artistes dont, dit-il, « les œuvres sont vivantes, parce qu’ils les ont prises dans la vie et qu’ils les ont peintes avec tout l’amour qu’ils éprouvent pour les sujets modernes ». Il qualifie l’œuvre d’art comme étant « un coin de la création vu à travers un tempérament ». Il vient de découvrir ceux qui deviendront les impressionnistes et qu’il défend avec force.

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Détail de Pique-nique en forêt de Fontainebleau

Il est sensible à ces scènes de vie prises sur le vif  que peint Firmin-Girard. N’est ce pas Jules Lecoeur qui range les assiettes du pique-nique dans leur panier. Et ce pourrait être Zola qui tient encore son verre à moins que ce ne soit Bazille.

Rentré à Paris,  Zola recommande Firmin-Girard pour que l’on parle de lui.

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Lettre d’Emile Zola

La lettre est datée de 1865, un an avant son manifeste de 1866 Mon salon en faveur des « refusés », en particulier, de Manet mais aussi de Monet, dont il se dit très impressionné par sa Camille.

10 ans plus tard, lors du salon de 1876, dans une présentation rapide, il mentionne « il faut indiquer aussi le marché aux fleurs de Firmin Girard, le quai de l’hôtel de ville encombré de fleurs, d’une peinture très claire et très détaillée ». Puis revenant plus en détail sur les peintures du salon, il en fait une critique acerbe évoquant, notamment, la foule des visiteurs du salon se pressant pour voir le tableau, par opposition à ceux que le public boude. Sans doute, n’a-t-il pas retrouvé le peintre qu’il avait pris soin de recommander quelques années auparavant.

Mais, s’il est critique, il n’est pas insensible à la question des choix faits par les artistes en cette fin du 19ème siécle durant laquelle les repères sont parfois difficiles. L’Œuvre dans laquelle il se représente dans l’écrivain ami et défenseur du peintre est, à cet égard, une illustration des affres de la création, des difficultés que rencontrent les artistes, des voies qu’ils empruntent, situations que l’on retrouve dans le roman des frères Goncourt Manette Salomon paru dix ans auparavant.

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Les halles, le pavillon des fleurs

La réconciliation entre Zola et Firmin-Girard se fera de manière posthume. C’est, en effet, un de ses tableaux Les halles, le pavillon des fleurs, qui illustre son roman Le ventre de Paris dans des éditions récentes.

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